JP Manova (Interview)

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Souvent appelé « le secret le mieux gardé du rap français », JP Manova sort enfin son premier album 19h07 après de longues années d’attente.

En effet, 20 ans après ses premiers titres aux cotés de Doc Gynéco ou encore Flint, l’homme de l’ombre nous offre aujourd’hui un album qui sent bon le rap français et la maîtrise du texte. Nous avons eu la chance de le rencontrer à la suite de son concert à La Cave aux Poètes (Roubaix) pour qu’il nous livre, lui même, sa vision du rap. Je vous laisse donc en sa compagnie pour apprécie le grand départ d’un rappeur old-school.

Rembobinons toute l’histoire et revenons au début. Dans ta jeunesse, quelles ont été tes premières expériences musicales ?

– Étant Caribéen, j’ai reçu plusieurs influences musicales dans mon enfance. Mes frères et sœurs écoutaient de la new wave et des choses plutôt actuelles, ma mère écoutait du jazz et de la soul, et moi j’aimais bien la musique classique.

– Et le rap dans tout ça ?

– Je pense qu’il y a des gens qui entendent des sons dans leur tête, d’autres pas. J’ai fais des rencontres très tôt dans la musique avec des personnes comme Doc Gynéco ou Mc Solaar qui étaient très influent à l’époque, j’ai donc trouvé des aptitudes à pouvoir faire ça, et j’ai postulé à tous les concours de circonstances.

– Mais pourquoi, alors que tu étais soutenu par les plus grands, as-tu attendu aussi longtemps avant de sortir ton 1er album ?

– Cet album est là grâce au vécu, aux voyages et au travail. Le rap est un style musical, qu’on le veuille ou non, qui a un aspect plutôt sociale, on ne parle pas de n’importe quoi. Et même si j’ai tendance à ne pas vouloir être enfermé dans des cadres qui répondraient aux obligeances du style, on constate que traditionnellement et culturellement le rap est une musique qui dit quelque chose, et je ne pense pas que tu puisses dire grand chose si tu n’as pas vécu grand chose.

– Penses-tu que tout artiste devrait attendre 20 ans avant de se lancer ?

– Non, je pense qu’il faut attendre d’être prêt. Selon les gens ça peut varier.
Aujourd’hui, je sors de scène et je vois des gens qui me disent : « Ça fait longtemps qu’on attend ça ! » et je pourrais me demander si je me suis trompé, si j’ai mal fait ou bien fait d’attendre, mais je ne me pose pas la question. Je fais parce qu’un moment je me suis senti prêt à le faire.

– Qu’as tu appris durant cette (très) longue réflexion et qui ta inspiré pour cet album ?

– J’ai compris que la seule chose qui nous rapproche tous, au-delà de nos différences, c’est le temps. Et j’en suis arrivé à la conclusion : « qu’est ce que tu fais de ton temps ? comment tu l’emploies ? » et j’associe l’utilisation du temps à la liberté. Comment utilises-tu ta liberté avec le temps que tu possèdes ?

– Tu commences la musique à l’époque d’MC Solaar et sort ton album à celle de Maître Gims, que penses-tu des rappeurs « commerciaux » actuels ?

– C’est une question très subjective, mais au lieu d’être spectateur d’un spectacle qui me désole, j’ai préféré être acteur d’un spectacle que je monte, où il y a peut être moins de gens mais qui est en pleine éclosion et qui me rassure en tout cas.
Après je ne suis pas sûr qu’on fasse le même métier. Je fais de la musique, je me sens profondément musicien et j’ai donc un devoir de responsabilité de ce que j’envoie dans ma musique et dans mes textes, et le devoir de faire passer un bon moment au public qui vient me voir sur scène.
Je ne suis pas sûr que beaucoup de rappeurs aient cette même approche, mais je ne les blâme pas pour autant parce qu’ils ont des réponses à leurs calculs.

– Que fais-tu à 19h07 ?

– La même chose que toi (rire) !
19h07 c’est une manière d’arrêter le temps, de dire : « on pose les bases, on arrête les montres et on se met tous à la même heure ». J’ai passé beaucoup de temps à entendre des gens qui me disaient : « Ah c’est dommage, tu as raté ta chance ! Toi en plus tu as du talent et tu n’as rien sorti ! ». Soit c’est trop tard soit c’est trop tôt, et cette heure veut dire que je suis maître de mon propre temps, et même si je ne peux l’arrêter, je m’inscris dedans.

– Pour conclure, est-ce que cet album marque le grand départ de JP Manova, avec la sortie future de nouvelles productions ?

– Je suis sur ma lancée mais je n’ai pas de plan de route précis, mis-à-part la ré-édition de l’album en décembre avec 5 nouveaux titres que j’ai vraiment envie de présenter au public.
Il faut savoir que je n’ai pas mis 20 ans à faire cette album, car j’en ai plusieurs dans la soute, mais j’ai effectivement mis longtemps à comprendre l’intérêt de tout ça et aujourd’hui je suis prêt à continuer dans cette voie.

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